IMP&ACTE 3D (IMPression 3D & ACcès à la TÉlé-réadaptation)

Etude sur la dimension sociétale de la télé-réadaptation dans le cadre du projet IMP&ACTE 3D

Introduction de la technologie d’impression 3D pour la fabrication d’orthèses en Afrique de l’Ouest

(En cours)

Le développement des nouvelles technologies, telles que l’impression 3D et la télé-médecine, a ouvert la voie à des approches novatrices en matière de prestations de services de santé, notamment pour atteindre des patients vivants dans des régions éloignées ou dans des zones de conflits. En 2016, l’ONG Handicap International a mené sur ses fonds propres un projet pilote afin de tester la plus-value de la technologie d’impression 3D pour la fabrication de prothèses tibiales dans des pays à faible revenu (Togo et Madagascar) et dans un contexte de guerre (Syrie). Lorsque j’étais Coordinatrice recherche pour cette ONG, j’ai contribué à capitaliser cette expérimentation (cf. Pilot Testing of 3D Printing Technology for Transtibial Prosthesis in Complex Contexts (Togo, Madagascar and Syria) en participant à l’écriture du projet IMP&ACTE 3D (IMPression 3D & ACcès à la TÉlé-réadaptation) qui a obtenu un financement de la Coopération belge (Fonds « Innovation »). 

En introduisant la technologie d’impression 3D dans le domaine de la réadaptation physique au Togo, au Mali et au Niger, le projet IMP&ACTE 3D permettrait de proposer une solution pour combler le manque d’appareils orthopédiques en Afrique de l’Ouest – notamment pour les enfants souffrant de pathologies négligées et les personnes vivant dans des zones reculées ou en situation de conflits ou d’insécurité – en relevant le défi de la productivité des professionnels et de l’accessibilité géographique et économique des patients. 

Cependant, le développement des nouvelles technologies dans le champ humanitaire rencontre encore beaucoup de réticences et de scepticisme, aussi bien sur le terrain qu’au niveau décisionnel des organisations. Des doutes subsistent par rapport à la pertinence, l’utilité, et la plus-value des nouvelles technologies – et de la 3D en particulier – dans des contextes humanitaires qui rendent leur mise en œuvre laborieuse, quand leur priorité par rapport à d’autres besoins fondamentaux n’est pas déjà questionnée. Les acteurs humanitaires s’interrogent autant sur les capacités des communautés et des partenaires locaux à s’adapter aux nouvelles technologies et à les optimiser, que sur les capacités des organisations humanitaires à conduire l’innovation technologique dans un contexte humanitaire, notamment en raison de la nouveauté et de la diversité des partenariats collaboratifs avec les milieux universitaires et industriels, mais aussi en raison de l’enjeu financier qui émerge derrière le développement des nouvelles technologies.

C’est pourquoi, la finalité du projet IMP&ACTE 3D est d’une part, de convaincre que les nouvelles technologies peuvent contribuer à améliorer la réponse humanitaire en fournissant des preuves solides, et d’autre part, de capitaliser, diffuser et mutualiser sur les avancées technologiques et les transformations sociales produites. En effet, l’enjeu est de pouvoir démocratiser l’usage de la 3D et des nouvelles technologies en général en diffusant les bonnes pratiques. 

Dans le cadre de cette recherche opérationnelles, trois dimensions seront évaluées: technologique, clinique et sociétale. Les chercheurs du Mobilab ont notamment la responsabilité de superviser les essais cliniques et technologiques qui détermineront si la technologie d’impression 3D et la télé-réadaptation permettent effectivement de réduire le temps de fabrication des appareils orthopédiques mais aussi le temps d’appareillage des patients, d’augmenter leur qualité en proposant un appareil mieux adapté et plus confortable pour le patient, et d’aller vers des gens plus isolés, auxquels on ne pouvait accéder jusqu’à présent, grâce à des procédés plus flexibles. 

Mon rôle en tant que consultante sur le projet est d’évaluer l’impact social de la de la télé-réadaptation. Évaluer l’impact social contribue à la reconnaissance d’un mode d’intervention différent. En effet, le devenir du projet IMP&ACTE 3D ne se réduit pas à la performance de son mode d’intervention ou aux coûts financiers mais se juge avant tout à l’impact social généré. Le terme “évaluation de l’impact social” est entendu ici comme un processus visant à comprendre, mesurer ou valoriser les effets, négatifs ou positifs, générés par le projet sur ses parties prenantes (patients bénéficiaires, professionnels de la santé, responsables des centres de réadaptation et partenaires locaux du projet) et la société dans son ensemble. Concrètement, on cherchera à démontrer la pertinence de ce nouveau mode d’intervention par rapport à l’existant en identifiant la valeur sociale créée, les défis et pistes de solutions pour pérenniser cette intervention, et en décrivant les changements sociaux, économiques et environnementaux produits auprès des parties prenantes. 

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